[Théâtre] Saison culturelle 2019-2020

Cela fait plusieurs années que je fréquente les salles de spectacle vivant de la région lilloise. A chaque fois, j’attends avec impatience la divulgation de la nouvelle saison culturelle. J’avais envie de partager avec vous la liste des représentations qui sont sorties du lots pour 2019-2020. Théâtre, performance musicale, danse, marionnettes, il y en a pour tous les âges. A vous ensuite d’aller piocher dans les différents programmes pour faire votre propre sélection.

THÉÂTRE DU NORD

  • Un ennemi du peuple – Jean-François Sivadier – 8 > 12 octobre 2019

Les frères Tomas et Peter Stockmann ont fondé « L’Établissement des bains » qui assure la prospérité économique d’une petite ville portuaire du sud de la Norvège. Tomas, médecin intègre, mesure la qualité des eaux, tandis que Peter veille aux destinées de la commune dont il est le maire. Quand une bactérie surgit dans les eaux des curistes, les masques tombent. Le médecin croit devoir la vérité au peuple quand le politicien ne songe qu’à défendre ses intérêts…

  • Les milles et unes nuits – Guillaume Vincent – 4 > 8 février 2020

Un roi, trahi par son épouse, la décapite. Dorénavant, il déflorera chaque soir une jeune vierge qu’il exécutera le matin venu. Personne ne parvient à arrêter la barbarie. Jusqu’à ce que Shéhérazade lui raconte chaque soir une histoire qu’elle interrompt à l’aube. Le roi, curieux de connaître la suite, lui laisse ainsi la vie sauve…

  • Harlem Quartet – Élise Vigier – 4 > 5 mai 2020

Dans Just above my Head (1979), traduit en France sous le titre de Harlem Quartet, James Baldwin (1924-1987) raconte l’histoire de la famille Montana. Elise Vigier met en scène cet immense récit sur la destinée humaine dans lequel le romancier américain décrit à travers l’existence de Hall, la vie d’une communauté noire de Harlem entre 1945 et 1975. Violence, sexe, combat pour les droits civiques et chants de Gospel à la gloire de Dieu…

LA ROSE DES VENTS

  • Queen Blood – Ousmane Sy & les danseuses de Paradox-Sal – 2 > 4 octobre 2019

Ousmane Sy, chorégraphe spécialiste de la house dance, ambassadeur de la « French Touch » et de l’afro-house spirit sur les cinq continents, poursuit ici son travail d’exploration des énergies et des gestes féminins. Féminité dans la danse, féminité dans le geste, féminité assumée ou subie…

  • Revoir Lascaux – Gaëlle Bourges – 6 > 9 novembre 2019

Revoir Lascaux s’inspire de l’aventure des quatre garçons âgés de 13 à 18 ans qui découvrirent la fameuse grotte en 1940 dans le Périgord Noir. À la lumière de leurs lampes, ils aperçurent pour la première fois un bestiaire fantastique peint et gravé sur la paroi de la cavité.

  • L’ailleurs de l’autre – Aliénor Dauchez et Geoffroy Jourdain – 8-9 janvier 2020

Quatre chanteuses lyriques de l’ensemble les Cris de Paris abandonnent partitions et autres règles de solfège pour interpréter un ensemble de berceuses ancestrales, de formules chamaniques et d’appels de bergers, jouant de leurs voix comme d’un instrument d’ouverture à l’autre, reliant vocalement les Iles Salomon, le Japon, la Birmanie et l’Alaska.

  • True Copy – BERLIN – 27 > 29 mai 2020

True Copy met en lumière la figure d’un faussaire de génie, le néerlandais Geert Jan Jansen, arrêté par les autorités françaises en 1994, dans une ferme du Poitou, au milieu de 1 600 toiles de maîtres comme Picasso, Dalí ou Matisse, dont la plupart étaient en réalité signées de sa main. Pendant plus de vingt ans, Geert Jan Jansen a mené le monde de l’art en bateau et de manière tellement convaincante que Picasso et Appel, sans se douter de rien, ont allègrement signé des certificats d’authenticité pour des œuvres de sa facture. Artiste ou escroc, le groupe de bricoleurs BERLIN invite ce peintre de l’ombre sur scène. Une performance qui révèle l’hypocrisie du monde de l’art, mais présente aussi l’histoire d’un homme complexe, enveloppé dans un tissu de mensonges – ou de variations sur la vérité – qui tente de rester debout.

LA VIRGULE

  • L’Etranger – Benoît Verhaert – 3 > 19 octobre 2019

Benoît Verhaert (Les Carnets du sous-sol) signe une adaptation fidèle et concise du roman pour trois comédiens, dans une mise en scène simple, fluide et vivante. Chaque représentation est suivie d’une rencontre-débat.

  • L’Herbe de l’oubli – Jean-Michel d’Hoop – 12 – 13 décembre 2019

En russe « Tchernobyl » signifie absinthe, l’herbe de l’oubli. Le 26 avril 1986, le cœur du réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose et prend feu, projetant un nuage de radioactivité dont on a retrouvé des traces dans toute l’Europe. Trente ans après, quelles leçons tirent-on de cette explosion ?  Pour cette création, la compagnie Point Zéro est allée à la rencontre de survivants de la catastrophe, d’habitants proches de la zone d’exclusion en Biélorussie, de spécialistes du nucléaire.  Mêlant comédiens et marionnettes à taille humaine, L’Herbe de l’oubli est née de cette parole et s’inspire également des témoignages recueillis à Tchernobyl par Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature en 2015.

  • La Machine de Turing – Tristan Petitgirard – 28 – 29 mai 2020

Manchester. Hiver 1952. Suite au cambriolage de son domicile, le professeur Alan Turing porte plainte. Son allure peu conventionnelle, des arrangements avec la vérité mal déguisés, font douter le Sergent Ross qui s’intéresse alors de plus près à cet étrange homme. D’autant que la présence du professeur intéresse également les Services secrets. Et pour cause, derrière son immense candeur, Alan Turing, est un homme aux multiples secrets… À travers une véritable enquête policière, La Machine de Turing offre le portrait vivant d’un homme atypique et attachant, qui, durant la guerre, brisa le secret des transmissions nazies en déchiffrant l’insondable Enigma grâce à une « machine pensante », l’ancêtre de nos ordinateurs… Marqué à jamais par la mort de son ami de jeunesse, Alan Turing, condamné pour homosexualité, mettra fin à ses jours tel Blanche-Neige, en croquant dans une pomme empoisonnée… Voici le destin hors du commun d’un génie injustement resté dans l’ombre et broyé par la « machine » bien-pensante de l’Angleterre des années 50. Un homme qui a changé le monde !

LE GRAND BLEU

  • Jimmy et ses sœurs – Odile Grosset-Grange – 7 > 9 novembre 2019

Imaginons… Un monde qui bascule. Où les filles n’ont plus le droit de sortir seules, où, séparées des hommes, les femmes deviennent invisibles. Dans une fratrie de trois filles, l’une d’elle décide alors de devenir, aux yeux des autres, un garçon. Ainsi naît Jimmy Fisher, et la fillette prend vite goût à cette identité qui rime avec liberté.

  • La dispute – Mohamed El Khatib – 7 décembre 2019

Mohamed El Khatib invite des enfants de parents séparés à mettre des mots sur leur parcours. Comment vivent-ils la déchirure, la décision de leurs parents ? L’ont-ils devinée ? Ont-ils pris parti ? Comment refont-ils leur vie ? Il est allé à leur rencontre partout en France, a recueilli une parole sans filtre, et son nouveau spectacle, interprété notamment par huit enfants de huit ans, évolue sur le fil, entre audace et pudeur, émotion et espièglerie. Façonnée par le prisme de l’enfance dès son écriture, cette création, brute dans la forme comme dans le fond, fait rimer théâtre et vérité.

  • Filles & soie – Séverine Coulon – 11 > 14 décembre 2019

Pour ce spectacle plein de fantaisie, Séverine Coulon s’appuie sur l’album Les trois contes de la dessinatrice-illustratrice Louise Duneton. Ses dessins font la trame du récit, tour à tour transformés en figurines de soie, en objets de théâtre ou incarnés par la comédienne elle-même. Anne mal dans sa peau, Blanche-Neige obnubilée, telle sa belle-mère, par son image, la Petite Sirène qui se torture en échangeant sa queue de poisson contre des jambes humaines… Ces contes au féminin, relus avec délicatesse, parlent autant aux petites filles qu’aux petits garçons d’à côté.

  • La vie devant soi – Simon Delattre – 12 – 13 mars 2020

Dans le Belleville populaire de la fin des années 60, Momo, un petit Arabe débrouillard, vit chez Madame Rosa, une vieille femme juive, ancienne prostituée devenue nourrice des enfants de celles qui continuent à faire le trottoir. Le roman de Romain Gary, signé sous le nom d’Emile Ajar, prix Goncourt en 1975, raconte avec humanité et dans une langue savoureuse l’histoire d’amour fraternel entre ces deux personnages sur le fil. Elle, vieillissante, lui avec toute la candeur et la maladresse de l’adolescence. Comédien, marionnettiste, Simon Delattre met en scène ce duo avec émotion et virtuosité. Dans une scénographie pleine de trouvailles, où se croisent les disciplines, il invente un terrain de jeu idéal et décalé pour donner vie à des personnages hauts en couleurs. Marionnettes et musique se conjuguent dans ce spectacle d’une étonnante beauté visuelle. La solidarité, la fraternité et la générosité habitent cette histoire universelle, fidèle à la poésie utopiste de Romain Gary, que Momo, devenu adulte, déroule au fil de ses souvenirs.

  • Un furieux désir de bonheur – Olivier Letellier – 26 – 27 mars 2020

Léonie a 70 ans et elle se dit que ça suffit. Elle s’allonge, attend mais ne meurt pas. Elle décide alors de profiter vraiment de cet excédent de vie. Quitte à attendre, quitte à vivre encore, autant être heureuse. La philosophie inspire ce spectacle sous le signe du bonheur. Elle souligne ici que le désir est le moteur de l’existence mais qu’on le tait, qu’on le cache. Inavouable ? À rebours de ce constat, Olivier Letellier et ses compagnons de création ont choisi de porter au plateau une philosophie de la joie et de la liberté. Accepter ses désirs, c’est accéder au bonheur, et le bonheur est salutairement contagieux.

  • Rémi – Jonathan Capdevielle – 11 -12 mai 2020

Souvent matière à cinéma, Sans famille est ici revisité en deux temps : sur scène et avec en prolongement, un récit sonore à entendre chez soi.

LE VIVAT

  • Le journal de Francis, hamster nihiliste (1990-1990) – Aude Denis – 8 octobre 2019

Seul dans sa cage, Francis fait de la roue (modérément), il boit de l’eau (un peu) et mange des graines (énormément). Quand nous faisons sa rencontre, c’est un jeune adulte (il a déjà six mois) et cette succession d’activités ne lui suffit plus : « N’y a-t-il donc rien d’autre ? » se demande-t-il. Alors, pour tâcher de trouver un peu plus de sens à sa vie, il se met à écrire son journal intime. Pendant presque 7 mois, il laisse ainsi des traces de sa vie, de ses questionnements, de ses élans, de ses tristesses. Mais son questionnement le plus vif reste bien sûr celui de la liberté ; quoi de plus normal pour un animal en cage ? Pour défendre son droit à la liberté, Francis entreprendra de multiples tentatives d’évasion, des sit in et manifestations mais aussi une (courte) grève de la faim.

  • Fin de partie – Vincent Dhelin & Olivier Menu – 17 – 18 janvier 2020

Et si ce n’était, après tout, qu’un prétexte pour mettre sur un plateau un groupe d’humains et les accompagner au moment même où ils tissent désespérément mais joyeusement les dernières mailles du fil de leur vie.

  • White Dog – Latifa Laâbissi – 24 janvier 2020

Cherchant à interpeller sur des sujets sensibles, Latifa Laâbissi fait du corps le lieu du politique, pour interroger les rapports de pouvoir et de domination. Pour cette nouvelle création, elle s’est inspirée du film de Samuel Fuller White Dog, l’histoire d’un chien dressé pour attaquer les personnes noires dans l’Amérique des années 60. Elle observe ici les mécanismes qui nous conduisent à considérer l’autre comme un ennemi.

  • Finir en beauté + C’est la vie – Mohamed El Khatib -1er février 2020

À l’origine donc : un deuil et des notes prises pour traverser la tristesse, les dernières conversations sur un lit d’hôpital et aussi tout ce qui revient du passé quand il n’est plus qu’absence : une anecdote, une lumière et le son que faisait la langue arabe – langue de la mère mais pas langue du théâtre pour El Khatib. À partir de ces éléments hétérogènes, de ces débris d’une relation, est né Finir en beauté : autobiographie détournée avec retenue, distance et même humour, fresque familiale minimale où manquerait le centre, émouvant théâtre du trou noir.

C’est la vie met en scène deux comédiens, deux acteurs, deux parents qui ont chacun perdu leur enfant. La fille de Fanny avait 5 ans. Le fils de Daniel, 25 ans. Cela a eu lieu et c’est irrémédiable. Ils jouent leur propre rôle. Ce spectacle est une performance documentaire, sur le fil mais sans ambiguïté, parce que menée par ceux qui savent qu’il y a un Avant. Et un Après.

  • Braslavie bye bye ! – Rachid Bouali – 12 – 13 février 2020

La Braslavie, c’est un pays imaginaire mais tout à fait réaliste. En bordure de ce pays, dans le petit village de Targa, on croise de drôles de personnages. Tous nourrissent le même rêve, partir pour l’Italie. Parce que la rumeur dit que, là-bas, les rues sont propres et le travail rapporte. Mais comment tenter sa chance ailleurs quand les pays voisins, d’un commun accord, décident de fermer leurs frontières ?

Je ne vous garantie pas d’assister à tous ces spectacles. Mais certains me tentent vraiment beaucoup et je ferai tout pour les voir.
Si vous êtes intéressés, je vous conseille d’acheter très vite vos places car dans certaines salles, elles partent rapidement et à la rentrée, vous n’aurez déjà plus beaucoup de choix.

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